Alexandre BOURDINE
Consul Général de la Fédération de Russie à Strasbourg

Gratitude et admiration sont les premiers mots qui me viennent à l’adresse des organisateurs du FIMA et des artisans d’art qui y participent.
La vocation du FIMA de valoriser et de transmettre les savoir-faire ancestraux offre un cadre privilégié pour découvrir les métiers d’art et le talent d’artisans qui ont poussé l’excellence à la perfection dans des domaines d’artisanat très variés.
Il offre également la possibilité aux visiteurs de découvrir des créations contemporaines d’artistes qui poussent toujours plus loin la maîtrise de leur technique permettant ainsi de donner corps au fruit de leur imagination créative.
Baccarat est le symbole de l’artisanat d’art, des talents et de l’excellence d’un savoir-faire incomparables mis au service de la création, de la beauté, de l’élégance et de la perfection et transmis en héritage au fil des siècles par une élite d’artisans, ce qui lui a permis de se hisser et de se maintenir au premier rang mondial dans la cristallerie de luxe.
Qui pouvait mieux que Baccarat proposer un écrin pour présenter les métiers d’art et faire découvrir des créations uniques d’artisans?
La générosité du FIMA s’étend à présenter également l’artisanat d’art d’autres pays et je suis particulièrement heureux que la Russie soit l’invitée d’honneur du village de la promotion de l’artisanat et des métiers d’art, d’autant qu’entre Baccarat et la Russie, il y a une relation privilégiée depuis le tsar Alexandre II.
L’engouement de la Russie pour les créations en cristal de Baccarat ne s’est pas arrêté à la famille impériale puisque dès 1900, le succès du marché russe imposait que, sur les trois fours de la manufacture, l’un y soit entièrement dédié.
Actuellement encore Baccarat offre une vitrine exceptionnelle en Russie de son savoir-faire unique et l’ouverture en 2008 de la Maison Baccarat à Moscou réalisée par le célèbre designer Philippe Starck en est une belle illustration.
Tout comme la France, la Russie a un riche patrimoine d’art artisanal dont le savoir-faire se transmet en héritage au fil des siècles. Parmi les exemples d’art artisanal les plus connus, nous pouvons évoquer les samovars de Toula, les châles à fleurs de Pavlovski Possad, les peintures colorées de Gorodets, l’ambre de la baltique, les populaires matriochkas, la sculpture sur bois de Bogorodsk, la céramique de Gjel, les plateaux de Jostovo, la dentelle de Volodga, les miniatures de Palekh et de Fedoskino, les broderies en or de Torjok, les poupées de Tver, la peinture sur des objets en bois de Khokhloma, les émaux de Rostov la Grande, la sculpture sur os de Khomogory, les jouets en argile de Dymkovo et au rang d’art, les œufs de Fabergé crées par un russe d’origine picarde…
Vous pourrez ainsi admirer l’ambre de la Baltique, résine fossilisée travaillée depuis des millénaires que l’on trouve abondamment à Kaliningrad, et chargée de légendes et de mystères car elle contient la « lumière du monde ».
Vous découvrirez les célèbres et authentiques poupées de Tver faites main par des artisans que l’on peut qualifier d’artistes-orfèvres et qui dévoileront tout leur talent en confectionnant ces poupées devant vous.
Ils les sculptent sur du bois de tilleul, peignent avec une vingtaine de couleurs les détails minutieux, créent des volumes, décorent avec des perles puis vernissent ces ravissantes figurines colorées qui représentent des femmes issues des contes populaires russes et des bylines (chanson de gestes de Russie) ou des personnages de la vie quotidienne dans l’ancienne Russie.
Ces poupées illustrent aussi avec grâce et gaité l’histoire des coutumes et des costumes traditionnels russes, par exemple avec la coiffe typique appelée « kokochnik » incrustée de pierreries, ou le « sarafan », robe longue et flottante glissée sur un chemisier aux manches brodées. Ces poupées sont souvent ornées d’accessoires tels que le samovar qui représente l’hospitalité, le bouquet de fleurs en rapport à la nature et aux fêtes, ou l’oiseau qui symbolise l’aide bienveillante apportée aux héros des contes russes.
Vous découvrirez également d’autres objets artisanaux très prisés comme les célèbres boîtes laquées avec l’art pictural miniature né il y a quatre siècles ainsi que les pierres taillées de l’Altaï.
Les motifs des objets d’art artisanal russe représentent souvent des sujets folkloriques, historiques, religieux, littéraires et illustrent des traditions et des coutumes.
Même si des créations contemporaines viennent enrichir le patrimoine existant grâce à  l’imagination fertile des artisans,  l’art artisanal  raconte avant tout nos talents, notre savoir-faire, notre histoire, notre héritage, l’influence d’autres cultures et parle aussi de notre identité comme un fil conducteur à travers les siècles.
Je suis très heureux que le FIMA donne ainsi à la Russie l’occasion de montrer un échantillon de son art artisanal, et je salue les liens, les collaborations et les échanges si fructueux et riches qui unissent nos deux pays ainsi que l’intérêt réciproque qu’ils se portent particulièrement au niveau de la culture et du patrimoine de chacun.
En témoigne l’organisation de l’année France-Russie en 2010 simultanément dans nos deux pays, qui a visé avec plus de 350 évènements à faire découvrir les multiples facettes de la Russie en France et de la France en Russie et qui  ont su mettre en évidence le nombre et la diversité des liens qui existent entre ces deux pays.
A la suite du succès remporté par l’Année croisée France-Russie en 2010, et de la dynamique qu’elle a engendré, les gouvernements russe et français ont pris la décision commune de renouveler l’expérience en 2012 sous la forme d’une “Année France-Russie : langues et littératures”, tout comme en 2013, année France-Russie mettant à l’honneur le cinéma et le théâtre, et en 2014, les arts plastiques.
Si ces années d’échanges culturels intenses ont été préparées par une étroite collaboration entre les deux Etats, elles l’ont été avant tout  grâce à une multitude de projets portés par des responsables politiques, des acteurs économiques, des professionnels de la culture, des artistes et des acteurs de la société civile. C’est dire l’importance des liens et des échanges nourris directement par des initiatives locales.
La France et la Russie ont toutes les deux un patrimoine et un héritage riches et vivants qui se perpetuent grâce au talent et à la passion des  hommes mais aussi grâce à la volonté des deux pays de les préserver, de les transmettre et de les partager.

J’adresse mes remerciements les plus vifs à l’équipe du FIMA et à Karine Renaux-Cheik, à la Ville de Baccarat et à son Maire, Christian Gex, à l’Association Baccarat Développement, à l’Association Lorraine-Russie et à son Président, Michel Ramspacher ainsi qu’à tous les artisans qui participent à cette formidable aventure, faisceau de savoir-faire incomparable et de créativité qui a pu voir le jour grâce à des personnes de bonne volonté animées par un formidable esprit d’ouverture et d’initiative.
Je souhaite un très vif succès aux organisateurs du FIMA 2014 ainsi que beaucoup de plaisir et d’émerveillement aux visiteurs.

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