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26
2017
« Le FIMA, une fenêtre sur la création contemporaine »
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INTERVIEW En 2014, avec son lustre majestueux « Obsius Lux » en obsidienne d’Arménie, pour lequel elle s’était associée avec le tailleur de roches dures Vincent Lascour, Marion Fillancq obtenait à l’unanimité le Grand Prix du Jury « Josette Renaux », ainsi que le Prix du Jury Jeunes. La jeune designer, sculpteur verrier et bijoutier, par ailleurs membre du Jury du Concours 2017, revient sur cette expérience unique.

Pour quelle raison avez-vous choisi de participer au concours du FIMA en 2014 ?

J’aime me mettre en danger, prendre des risques, sortir de ma zone de confort, comme on dit. La première raison, c’était donc l’opportunité de réaliser une pièce exceptionnelle, qui ne ressemble pas à ce que j’ai l’habitude de faire. C’était aussi l’occasion de collaborer à nouveau avec Vincent Lascour, archéologue de métier, qui m’avait déjà épaulé lors de l’exposition « Un Regard d’Obsidienne ». Et puis, cette idée d’un lustre me trottait dans la tête depuis un moment. Quand j’ai appris que le thème était « L’hommage », à Baccarat qui plus est, ça m’a tout de suite parlé.

Qu’avez-vous ressenti quand vous avez remporté le Grand Prix ?

Avec Vincent, on a d’abord été très étonnés. Personnellement, comparé à la maîtrise formelle des autres candidats, je trouve que la pièce avait des limites. Je pense notamment à Pascal Oudet et Philippe Moneret, les deux autres lauréats. Techniquement, ce qu’ils ont réalisé, c’était vraiment impressionnant ! Et puis, j’ai passé tellement de temps sur ce lustre que j’étais un peu arrivée à saturation. J’en faisais même des cauchemars la nuit (rires). Ensuite, quand Vincent et moi avons réalisé ce qui nous arrivait, on a ressenti une forme de soulagement. On n’avait pas investi autant de temps et d’énergie en vain.

« On a besoin de manifestations comme le FIMA pour donner non seulement de la visibilité à nos métiers, mais également de la hauteur. »

Quel a été l’impact de cette reconnaissance sur votre parcours professionnel ?

Gagner un concours peut clairement accélérer une carrière. On gagne en crédibilité, on acquiert une place d’autant plus légitime dans le milieu. Et puis, surtout, ça nous pousse à nous tourner vers l’extérieur, à sortir de la réalité difficile de notre métier. Je me suis notamment servi de la dotation pour entamer une nouvelle série de sculptures. On m’a aussi demandé d’écrire sur ma démarche. J’avais ce désir de mettre des mots sur mon travail depuis longtemps. Un livre sur les raisons qui m’ont poussée à créer Obsius Lux est né de cette envie, chez archéo éditions, une maison dédiée à l’archéologie. Un concours, c’est donc de la reconnaissance, c’est aussi du concret.

Que représente finalement un événement tel que le FIMA pour les métiers d’art ?

Personnellement, je me sens autant designer créateur qu’artisan. On a donc clairement besoin de manifestations comme le FIMA pour donner non seulement de la visibilité à nos métiers, mais également de la hauteur. La France est une terre d’excellence, de savoir-faire et pourtant, nous ne sommes pas clients de nous-mêmes. La reconnaissance vient souvent de l’étranger, alors que nous sommes un secteur économique à part entière (la France compte plus de 38.000 entreprises métiers d’art, NDLR). Avec son concours et les pièces prestigieuses qu’il présente, le FIMA fait sortir les métiers d’art de leur microcosme. Il met en valeur des métiers rares, parfois inconnus du grand public. Mais surtout, et c’est ce qui me touche particulièrement, le FIMA ouvre une fenêtre sur la création contemporaine.

Crédit photos : Portrait © Alfredo Salazar / Oeuvre : La Grande Blanche, cristal, feuille d’argent, cristaux Swarovski, avec V. Lascour © François Golfier

 

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